jeudi 6 décembre 2018

Le bonhomme de neige - Jo Nesbo

Il y a quelques temps, j'avais lu Le léopard de Jo Nesbo, qui m'avait beaucoup plu et qui faisait beaucoup référence au Bonhomme de neige. Ca avait donc piqué ma curiosité et ça a été ma lecture de vacances (car oui, j'ai enfin réussi à prendre des vacances, un peu)...



L'histoire
Oslo, novembre 2004, la première neige tombe sur la ville. Dans le jardin des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part. Le jeune fils remarque qu'il est tourné vers la maison et que ses grands yeux noirs regardent fixement leurs fenêtres. Dans la nuit, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose, retrouvée autour du cou du bonhomme de neige...
Dans le même temps, l'inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée «le bonhomme de neige» qui lui annonce d'autres victimes. Plongeant son nez dans les dossiers de la police, Harry met en lumière une vague de disparitions parmi les femmes mariées et mères de famille de Norvège. Toutes n'ont plus donné signe de vie le jour de la première neige...
Mon avis

J'ai mis un peu de temps à rédiger cette chronique, car j'ai du mal à "dire quelque chose" de ce livre. J'aurais peut-être dû rester sur le Léopard, je n'ai pas trouvé celui-ci aussi intense. C'est un bon polar,  bien construit, j'ai passé un bon moment et ça m'a bien dépaysée, mais il m'a manqué le petit truc en plus. Ce truc qui fait que le polar vous prend vraiment aux tripes. Je suis restée trop spectatrice et détachée. Je m'attendais à autre chose avec les allusions contenues dans le Léopard.

Autre aspect très étrange et dérangeant, j'avais souvent l'impression de lire une mauvaise traduction... de l'anglais. Ce qui ne manque pas de sel quand on lit un livre traduit du norvégien. Rien qu'un exemple, quand Harry Hole est interviewé à la télé, il "livre" et il "effectue la livraison". Qu'est-ce que le phoque ? Il assure, il fait le show, ce que tu veux, mais il ne livre rien du tout, il ne travaille pas pour Chronopost ! Ca m'a vraiment gênée.

A noter quand même le point intéressant du livre, toute cette réflexion sur ce qu'est la paternité, qu'est-ce qui est le plus important, l'inné ou l'acquis... Les motivations du tueur m'ont fait bondir, mais reflètent encore malheureusement la mentalité de trop de gens sur la sacro-sainte valeur de la graiiiine masculine. Bref, la question est très bien exploitée, ça donne du corps à l'ensemble.

Donc, c'est un thriller très sympa (pour autant qu'un livre sur un tueur en série complètement cinglée et misogyne (pléonasme ?) puisse être qualifié de "sympa"), mais ce n'est pas non plus une lecture marquante. 

Chassé croisé

En préparant la chronique, je me suis rendu compte que le livre avait été adapté au cinéma l'an dernier. Avec Michael Fassbender que j'aime beaucoup en prime, donc je me suis lancée...


Franchement, une déception...

Autant le livre est sympa sans être transcendant, autant là, je me suis ennuyée. J'ai trouvé que le rythme était beaucoup trop lent pour un thriller. Et pour faire une adaptation plus "contemplative", il aurait fallu nous donner plus de matière.

L'adaptation du bouquin est portée disparue (j'y reviendrai après pour éviter les spoilers), ce qui peut en théorie se comprendre pour un thriller : je suppose que l'idée est de garder un effet de surprise pour les gens qui ont lu le livre. Sauf que là j'ai trouvé ça confus et brouillon, pas une réussite. Pour tout dire, j'étais complètement larguée dans l'intrigue, et pourtant (ou parce que) j'avais lu le bouquin juste avant. Les actions des personnages n'ont aucun sens, on ne les approfondit pas (donc comment comprendre les actes du meurtrier à la fin si c'est juste un personnage qui passe de temps en temps en contre-champ pour faire coucou). Comme dirait Lancelot,
C'est pas que ça change, c'est qu'on comprend rien.
Et comme c'est une adaptation britannique, on ne retrouve pas vraiment la touche scandinave non plus. Ah si, un truc bien quand même, j'ai compris le pourquoi du comment de l'importance de l'éradicateur de moisissures, un truc qui m'avait échappé dans le bouquin.

Moi aussi je peux mettre des bonhommes de neige partout sans aucune raison particulière :)

Parlons maintenant des failles les plus graves de ce film pour moi, le non-sens de la psychologie des personnages. Et aussi du titre du film. Qui aurait pu s'appeler Oulala il neige en hiver, ça n'aurait pas apporté plus de sens au bousin. Ni moins. Car oui, dans le bouquin, les bonhommes de neige ont une signification. Mais pour ça, je dois vous parler plus en détail de l'intrigue donc SPOILER ALERT...(en italique)

Pour ce qui est de l'adaptation, je suis donc un océan de perplexité. Dès les premières minutes, le film se torche joyeusement avec l'événement fondateur du tueur en série, ce qui fait sa psychologie, le meurtre qu'il est censé répéter encore et encore. Je parle ici du gamin qui, juché sur les épaules d'un bonhomme de neige, voit sa mère tromper son père et comprend que l'amant en question est son père biologique. Il tue donc sa mère et passe sa vie à punir les femmes infidèles. Quoi ? Quel meurtre ? Ah ben non, y a pas de meurtre au début du film, c'est dommage, le reste n'a donc plus aucun sens. 

Et les bonhommes de neige ? Ils n'ont aucune signification dans le film, ils font juste joli, car le gosse se met sur la pointe des pieds pour voir sa mère. Alors que dans le bouquin, ils ont un sens, ce n'est pas pour rien qu'ils ont donné le titre du livre. Et pour faire bonne mesure, on se torche aussi avec la psychologie de Harry Hole parce que bon, on n'est plus à ça près. Non il ne passe pas la moitié du bouquin bourré, au contraire, il essaie de redevenir un bon papa pour son beau-fils, malgré tous ses défauts. Ce qui est légèrement important pour un récit sur la paternité, vous en conviendrez.

Voilà pour le chassé croisé, vous l'aurez compris, à choisir, je vous conseille plutôt le bouquin !

jeudi 8 novembre 2018

Idée balade... à Montolieu Village du livre

Petite idée de tourisme littéraire... Cet été, mon chéri m'a dit, "Prends de bonnes chaussures, je t'emmène au paradis." Plait-il ? 

Mon vertige et moi, on a adoré la vue :)
C'est ainsi que je me suis retrouvée dans ce magnifique petit village de 800 habitants de l'Aude, avec des panoramas splendides, et qui a la particularité de compter une bonne quinzaine de bouquineries. Rien que ça !

Sans rire, j'exagère pas
On y trouve vraiment absolument de tout, j'ai même trouvé un bouquin (La papesse Jeanne de Donna Cross pour ne pas le citer) dont je bassine ma maman depuis presque dix ans mais qu'on ne trouve nulle part et qui n'est plus réédité... J'ai dû passer pour une folle avec ma danse de la joie, mais ça ne nous change pas trop de d'habitude.

Les ruelles sont super belles


Avec des décos originales


ou encore là

Sur la place du village


On trouve des bouquins de partout, même dans les endroits improbables. Il y a aussi un musée mais on a préféré profiter du beau temps. La prochaine fois peut-être (et oui, le drame, c'est que c'est à moins d'une heure de chez moi).

Même dans les caves :)

En été, il y a aussi des concerts, des festivals. Mais j'y étais allée hors saison, donc je ne peux pas trop vous en parler.
Bon à savoir : penser au sac à dos, mais aussi aux espèces et aux carnets de chèque. Les bouquineries où j'ai acheté des bouquins ne prenaient pas la carte bleue (ce qui dans un sens n'est pas plus mal).


Je vous laisse avec le site officiel et celui des commerçants.

L'échelle de Jacob - Ji-young Gong

Et non, je n'avais pas disparu de la circulation ! Après un gros gros passage à vide et surmenage que j'ai trainé une bonne partie de l'année, qui fut très chargée, voici mon premier livre fini depuis un moment. Entre fatigue, difficulté de concentration et papillonnage intempestif entre beaucoup trop de livres, pas étonnant.



Ce livre fait partie de mon tour du monde et représentera la Corée du Sud, sur fond de christianisme en Corée et de conflit entre les deux Corées.


Je l'ai choisi un peu "compulsivement" car le titre me rappelait une vidéo du Fossoyeur de film vue il y a un bail. Je me rappelais surtout le titre, et le fait que j'avais plutôt envie de lire le livre que de voir le film, vu le sujet. Étrangement, la lecture du livre ne collait pas du tout à mon souvenir. Étrangement, vous dites? En fait, les deux œuvres n'ont absolument aucun rapport (et après recherche je ne crois pas que le film en question soit tiré d'un livre, zut, je vais être obligée de le regarder). Petit accroc dans ma technique du "Je ne lis pas trop les résumés parce qu'ils donnent souvent une mauvaise image du livre".

Le titre fait référence à un épisode de la Bible.

L'histoire
Frère Jean se remémore l'année de ses 28 ans quand il résidait dans une abbaye bénédictine en Corée du Sud parce qu'il avait décidé de consacrer son existence à Dieu. Il évoque sa rencontre amoureuse avec une femme, la fin de cette romance, la mort tragique de deux des moines et la réminiscence d'un secret familial dramatique.
Mon avis
Je ressors avec une impression assez mitigée, car j'ai trouvé le livre plutôt inégal.
Le début est prenant, avec des réflexions intéressantes. Le personnage s'imagine un retour du Christ à notre époque, sur fond de presse à scandale et de critiques médiatiques permanentes, où tous ses miracles seraient montés en épingle et décrédibilisés ("La croix d'aujourd'hui, ce sont les médias."). C'est bien vu, ça fait réfléchir.

Puis au milieu du livre ça retombe comme un soufflé, ça tire en longueur. L'histoire d'amour qui occupe la plus grosse partie du roman, je n'y crois pas une seconde, donc le livre m'a perdue en route. Les personnages principaux sont creux, elle est jolie, il est moine. Pas de quoi bâtir un monument à l'amour qui transcende tout... Difficile d'avoir de l'empathie pour une pimbêche capricieuse et un naïf jaloux (le ressenti aurait été probablement différent si on avait aussi eu le point de vue de Madame, mais ce n'est pas le cas).

On se retrouve donc avec de trop rares personnages féminins capricieux et une image horrible de la femme. La jaquette nous explique que l'autrice dénonce la condition de la femme dans ses textes, va falloir qu'on m'explique. Le narrateur docile passe le livre à chouiner après sa belle qui joue avec ses sentiments, au chaud dans son monastère, mais ce sont les mères célibataires qui luttent contre une société patriarcale qui sont des chouineuses irrécupérables (si si, il dit ça, je n'extrapole pas). Va cueillir des fleurs dans un champ de mines, comme dirait l'autre.

Le narrateur/personnage principal est rasoir, il ne lui est jamais rien arrivé dans la vie (à part la pimbêche, donc). Il côtoie des personnages qui eux ont un vécu, leur histoire, dure et poignante, pendant la Guerre de Corée, est passionnante (mais les récits sont entrecoupés de retours à la narration qui cassent le rythme et me faisaient dérailler de ma lecture à chaque fois). C'est la partie qui m'a plu dans ce livre, malheureusement trop courte. Elle ne fait que rendre la partie roman à l'eau de rose que plus vide par comparaison.

Je me suis dit que le thème central, c'est "Qu'est ce que l'amour", (mais dans le mot de l'auteur, elle dit qu'elle est partie d'une histoire vraie sur un navire de guerre américain qui a sauvé plein de Coréens dans les années 50, donc vous me voyez perdue). Avec toujours en parallèle l'amour divin. Mais alors, dites moi que c'est une caméra cachée, une mise en abîme que j'ai ratée, petit florilège...
Espérer qu'il soit malheureux sans moi, c'est ça l'amour, n'est ce pas.
Non connasse, c'est de l'égoïsme. Tu le veux juste parce que tu ne peux pas l'avoir.
Si un homme quitte une femme parce qu'il pense ne plus avoir besoin d'elle et qu'il souffre ensuite de son absence, c'est là la meilleure vengeance dont une femme puisse rêver.
Mais aaaaaaaaaaaarg c'est quoi là ? Donc j'ai passé un bon moment à insulter le livre. D'où cette question existentielle : vaut-il mieux bailler d'ennui ou brailler d'énervement devant un bouquin ?

Ce qui est d'autant plus dommage que les témoignages de la Guerre de Corée sont poignants, intéressants (et durs aussi, ils n'enfilaient pas des perles), et c'était visiblement le propos de base de l'autrice. Alors pourquoi les reléguer autant en arrière plan? Comme la question de l'immobilisme du clergé, d'ailleurs, pas assez approfondie à mon goût.

En bref, des passages très forts trop vite noyés dans un mélo larmoyant de personnages creux et immatures, c'est dommage !

jeudi 1 mars 2018

La malédiction du Norfolk - Karen Maitland

Petite virée dans l'Angleterre du Moyen-Âge...

L'histoire
1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d'Angleterre. Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements, ni confession, ni mariage, ni extrême-onction. S'ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours. C'est dans ce contexte qu'une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk. Là, elle s'adonne à son insu à un étrange rituel, celui des « mangeurs de péchés », consistant, en l'absence d'extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d'un mourant. Cette cérémonie va être le début d'une véritable descente aux enfers pour la jeune fille qui se retrouve bientôt accusée de meurtre, est obligé de fuir, de se cacher dans un bordel et est hantée d'étranges cauchemars. 
Mon avis

Ce livre m'a laissé un sentiment assez mitigé, avec de très bons éléments et des moins bons. Aspect très original, chaque chapitre commence par une page de l'"Herbier de la mandragore", qui présente les superstitions de l'époque. C'était super intéressant et vraiment une bonne idée. Autre aspect intéressant, le livre dépeint la vie sous l'interdit et l'excommunication. Il explique très bien les conséquences que cela avait pour les gens de l'époque et l'efficacité qu'avait cette menace, qui aujourd'hui pourrait nous paraître assez rhétorique. De même, il montre bien la place qu'occupait la religion dans la vie de chacun à l'époque, bien plus grande qu'aujourd'hui. L'excommunication empêchait les baptêmes, les mariages, les enterrements… et donc de vivre sa vie en accord avec ses convictions.

Tout le cadre du roman est donc très intéressant et bien trouvé. En revanche, j'ai trouvé que l'intrigue tardait à démarrer, à mi-lecture, on se demande vraiment où on va, ça part un peu dans tous les sens… j'ai trouvé le milieu du livre vraiment trop long, c'est pourquoi j'ai mis beaucoup de temps à le finir. Il vaut quand même le détour pour le début et la fin qui sont vraiment très bien, mais j'ai été un peu déçue.

samedi 27 janvier 2018

Le couple d'à côté - Shari Lapena

Dérogeant à ma manie de ne lire les livres "à la mode" que bien des années plus tard, j'ai lu ce livre dont tout le monde parle à peu près en même temps que les autres :)

(Visuel non contractuel, il me semble bien que les maisons sont censées être mitoyennes.)

L'histoire
Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins. Au dernier moment, la baby-sitter leur fait faux bond. Qu'à cela ne tienne : ils emportent avec eux le baby-phone et passeront toutes les demi-heures surveiller le bébé. La soirée s'étire. La dernière fois qu'ils sont allés la voir, Cora dormait à poing fermés. Mais de retour tard dans la nuit, l'impensable s'est produit : le berceau est vide. Pour la première fois, ce couple apparemment sans histoire voit débarquer la police chez lui, qui ne s'arrête pas aux apparences... De plus, les tensions s'aggravent entre Marco et ses riches beaux-parents.
Mon avis
Bon thriller, très bien pour un bon moment de détente sans prise de tête, même s'il n'est pas des plus originaux. Les rebondissements finaux sont bien vus et relancent bien l'intérêt en fin de livre.

Toutefois, je ne suis pas plus enthousiaste parce que j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages tous autant qu'ils sont. Ce sont des "types de personnalité" qui m'énervent à la base et je trouve qu'ils n'ont pas été assez approfondis pour qu'on puisse s'y intéresser au-delà de ça !

vendredi 22 décembre 2017

Le trône de fer, Intégrale 4 - Le chaos #10, Les sables de Dorne #11, Un festin pour les corbeaux #12

J'ai revu à la baisse mon "envie" d'enchainer tous les livres du trône de fer, et décidé de n'en lire qu'un tome par an pour cause de lambinage intempestif de l'auteur... Cette année donc, le tome 4.

L'histoire
Attention spoilers si vous n'avez pas lu les tomes précédents !
Après la mort de Tywin Lannister, Tyrion a pris la fuite et Varys a également disparu de Port-Réal, à la grande fureur de Cersei. La reine régente entend bien conserver les rênes du pouvoir et y poursuivre ses manipulations intéressées. Cependant, le jeune roi Tommen se prépare à épouser Margaery. Sam Tarly se voit confier une mission d’envergure par Jon Snow, qui va l’amener à quitter le Mur aux côtés de mestre Aemon et de Vère. Dans les îles de Fer, la mort de Balon Greyjoy ouvre la voie à une succession complexe où plusieurs prétendants se disputent le Trône de Grès. Arya a embarqué pour Braavos où elle découvre le temple du dieu multiface et décide d’entrer à son service ; Sansa est toujours recherchée par Brienne, mais reste sous la coupe de Petyr Baelish aux Eyrié, où elle se fait passer pour sa fille bâtarde, Alayne. A Dorne, le prince Doran Martell doit prendre une décision face au soulèvement populaire qui agite la ville de Lancehélion après la mort d’Oberyn Martell, qui laisse derrière lui des filles bâtardes, surnommées les “aspics des sables”, qui se promettent de le venger.
Source du résumé : Serial lectrice

Mon avis 
Je m'acharne, je m'acharne, mais que c'est long !!! Le tome 3 avait un peu trainé en longueur, mais nous laissait sur une fin très prometteuse. L'intrigue tourne principalement autour des atermoiements des trois mêmes personnages, alors que d'autres nous semblent avoir des parcours bien plus intéressants. Est-ce pour créer l'attente ? Ca fait un peu trop, au bout d'un moment d'expectative, on se lasse. L'auteur dit en fin de livre que c'est voulu, pour qu'on suive mieux les différentes intrigues. En tout cas, ça n'a pas marché avec moi!

De même, l'auteur lâche une véritable bombe dans l'épilogue du 3... et il faut attendre 800 pages pour que ce soit exploité. Le tome 3 trainait lui aussi un peu en longueur, mais avec de gros rebondissements à la fin pour recapter notre attention. Ce n'est pas le cas ici!

L'histoire a tout pour plaire, mais le résultat n'est vraiment pas à la hauteur de mes attentes, et pour la dimension épique, on repassera. Du coup, on traine, on repousse, on intercale d'autres livres plus intéressants... Dommage, dommage. J'ai donc un peu peur pour le tome suivant, réponse en 2018.

mercredi 20 décembre 2017

Le léopard - Jo Nesbo

En ce moment, comme une envie de thrillers nordiques, allez savoir pourquoi ! C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur, après l'Etoile du diable, et comme je gardais un souvenir mitigé de l'autre, j'étais un peu réticente au début... J'ai bien fait, car j'ai vraiment beaucoup mieux aimé celui-ci !



L'histoire
Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang. La police, en pleine guerre interservices, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l'origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l'intérieur. Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série, Harry Hole.  Ils traquent ensuite le tueur des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo.

Mon avis

C'est donc un livre qui m'a beaucoup plus. L'aspect thriller est très efficace et j'ai dû lire la fin d'une traite (c'est là que je vois que je vieillis, ma brave dame, j'ai beaucoup plus de mal qu'avant à veiller à pas d'heure, même si le livre est très palpitant!). Et que voulez-vous, j'aime beaucoup les personnages torturés et pas très propres sur eux! 

Pour ne rien gâcher au plaisir, alors même que le roman m'emmenait sur les pentes du volcan Nyiragongo au Congo, je suis tombée sur une émission de France 3 qui parlait de ce même volcan! Pour m'imaginer les scènes, quoi de mieux ! Et le contraste entre les lacs de lave d'Afrique et les avalanches du nord de la Norvège permet vraiment à ce livre de se démarquer.

Même si quelques scènes sont franchement tirées par les cheveux, je n'ai pas boudé mon plaisir. Parfait pour se changer les idées et se détendre.

Comme c'est mon habitude en ce moment, j'ai trouvé que le livre faisait énormément référence au livre précédent dans la série Harry Hole, Le bonhomme de neige, et ça m'a beaucoup donné envie de le lire (même si ça n'empêche pas du tout de suivre ce tome-ci !).

jeudi 26 octobre 2017

Tricoter une couverture météo

Entre deux articles, petit article manuel et petite idée de tricot pour cet hiver ! Une couverture météo ! Le principe est simple, tous les jours on relève la météo (à la même heure) et selon la température (dans mon cas, mais ça peut aussi être le temps qu'il fait, la force du vent, ce qu'on veut), on tricote une certaine couleur. J'avais trouvé pas mal de modèles sur internet, et j'avais adapté en fonction des fils que je trouvais, car comme je suis intolérante à la laine, autant que je puisse l'utiliser après !


J'ai fini par opter pour le fil Aviso de Phildar, car c'est du coton et que la palette était assez large pour que je puisse faire à peu près ce que je voulais. Je relevais la température vers 20h, car j'avais peur, si je le faisais à midi, de me retrouver avec un truc très rouge en été. Du coup, l'été n'a pas été si chaud que ça et je n'ai que deux rangs de la couleur la plus foncée, dommage.

Sur les photos, on voit l'état des lieux de février à mai. J'ai pris un peu de retard cet été parce que d'une, j'avais une broderie à terminer, et deux, tricoter une couverture par 30°C... Mais comme j'ai le relevé, je me rattraperai cet hiver.

Pour le motif, après avoir longtemps hésité, j'ai choisi un zig-zag en point de riz. Et j'ai utilisé l'échelle de couleurs suivante (à raison de 1 rang par jour) :
  • 32 et + : Fuschia
  • 26 à 31 : Giroflée
  • 20 à 25 : Safran
  • 13 à 09 : Houblon
  • 7 à 12 : Gazon
  • 1 à 6 : Horizon
  • -5 à 6 : Bleuet
  • ... à -6 : Outremer

Mais à vous de voir. Comme je le disais, ça limite beaucoup de ne supporter que le coton.


Et quand ce sera fini, ça fera un plaid de plus, car on n'a jamais assez de plaids !

jeudi 5 octobre 2017

L'aigle de sang - Jean-Christophe Chaumette

Voici la dernière lecture que j’avais choisie alors que j’étais encore sous l’effet de la série Viking… je voulais rester dans le thème…


L'histoire
En 2013, alors qu'un hiver permanent s'est abattu sur le monde, une poignée d'inspecteurs du Tribunal Pénal International mène l'enquête sur une série de meurtres aussi mystérieux qu'effrayants : de grands criminels de guerre sont retrouvés morts, crucifiés selon un ancien rituel viking appelé "l'aigle de sang"... Ces faits sont d'autant plus étranges que de nombreux autres indices, tous concordants, renvoient à la mythologie scandinave, et notamment au "Ragnarok", ou "Crépuscule des dieux". L'ancienne prophétie nordique prédisant la fin du monde serait-elle en train de s'accomplir ? 
Mon avis

Après plusieurs petites perles littéraires, j’aurais aimé pouvoir continuer sur mes chroniques dithyrambiques. Malheureusement, c’est ici une grosse déception. Disons-le tout de suite, le résumé fait envie, le sujet et l’idée du roman sont vraiment bien trouvés, ça avait tout pour me plaire, mais… le style m’a vraiment posé énormément de problèmes, au point où ce n’était plus possible de passer outre.

Pour faire court, je qualifierais le style de « gros sabots ». Tout est outrancier et très insistant. J’avais parfois l’impression de lire une mauvaise traduction (mais l’auteur est bien français). 

Abordons le gros gros gros gros souci de ce bouquin, le sexisme. Encore aggravé par le féminisme de façade (je ne sais pas comment on dit greenwashing pour le féminisme). Visiblement, l’auteur essaie de dénoncer le machisme (enfin je crois) en insistant (très lourdement, comme pour tout le reste) sur le machisme des personnages, il en fait tellement des caisses que ça m’a mise mal à l’aise au point de rendre la lecture désagréable, c’est peu dire (même si l’intention de base était louable). Sauf que. Le style de l’auteur est en complète contradiction à ce qu’on a l’impression qu’il essaie de dénoncer. Par rapport aux hommes, les femmes sont décrites très succinctement et on ne revient que sur leur physique. C’est la blonde à forte poitrine, et on n’en sait guère plus, quand un autre homme peut être décrit beaucoup plus précisément. Même des tables basses (n’apportant au demeurant absolument rien à l’intrigue) sont décrites plus précisément que les deux rares personnages féminins qu’on nous a consentis. Et si cet argument ne suffit pas, on parle bien de la mythologie scandinave, qui nous ramène à une époque où les femmes étaient aussi des guerrières, avec des déesses guerrières. Or, sans trop spoiler, des divinités nordiques interviennent directement dans l’action et, même si le contraire aurait été vraiment tout à fait logique à bien des égards, on n’a droit qu’au panthéon des dieux masculins (alors que, que je sache, Freya aussi était là à Ragnarok, pour ne citer qu’elle). Mais c’était trop demandé, on a dit plus haut que bouuuuh le sexisme c’est mal, les féministes devront s’en contenter et on peut continuer notre petit machisme tranquillement dans notre coin. La femme sûre d'elle et affirmée qui tombe forcément amoureuse du gros macho, on n'y croit pas, j'ai l'impression qu'il FALLAIT à tout prix que les femmes aient une relation soi-disant amoureuse dans l'histoire (alors que les hommes ont bien autre chose à faire), mais la façon dont c'est amené, ce n'est pas crédible.

Et la description des personnages, reparlons-en, hommes ou femmes, la description consiste souvent en un « Il ressemble à [insérer ici un nom de célébrité] », comme Marion Jones ou Morgan Freeman. Peut-on faire plus paresseux et moins imaginatif ? Tout est caricatural, l’obèse pèse forcément 200 kilos, rien que ça. La Scandinave est forcément une blonde à forte poitrine, ce qu’on nous rappelle toutes les 70 pages pour être sûr que l’on n’oublie pas, et encore heureux, car on ne sait pratiquement rien d’autre sur elle. Si l’auteur voulait fantasmer sur des blondes à forte poitrine, il n’avait qu’à écrire de la littérature érotique, ce serait certainement mieux passé. On se fiche des gros seins quand l’héroïne essaie de sauver le monde. 

J’ai la vague impression que tous ces problèmes étaient moins flagrants dans la deuxième partie, c’est probablement aussi parce que j’ai arrêté de compter les points et enclenché la lecture diagonale pour savoir comment l’histoire finit sans m’éterniser sur cette lecture… (un personnage brise une chaîne de fer "aussi facilement qu’un fil de laine"… a-t-il seulement déjà essayé de briser comme ça un brin de laine à mains nues. La dernière fois que j’ai essayé, je me suis pratiquement entaillé les mains. Superbe métaphore très cohérente). D’ailleurs même l’auteur a visiblement renoncé à aller jusqu’au bout de son idée et a condensé la fin du bousin dans l’épilogue, au soulagement général.

Comme je le disais, c’est vraiment dommage, car l’idée sous-jacente était très bien vue. Il y a aussi un peu d’anticipation (tout s’explique à la fin du livre), avec une ère glaciaire due au réchauffement climatique, autre bonne idée. Bref, plein de bons ingrédients, mais ça a cramé à la cuisson.

mardi 5 septembre 2017

Femme de tête - Hanne-Vibeke Holst

Le livre du jour est danois ! Un thriller politique, un thème que j'aime bien. Et c'est un coup de coeur. Après avoir fini ma lecture, je constate que c'est le troisième volet d'un triptyque, mais ça ne gène vraiment pas la lecture (la preuve, je ne le savais pas avant de finir le bouquin). En revanche, ça me donne envie de lire les autres !

L'histoire
Elisabeth Meyer, chef du parti social-démocrate danois, est bien décidée à reprendre le pouvoir face au parti libéral. Femme de caractère, rompue à la politique et aux jeux de pouvoirs, elle s’apprête à se lancer en campagne quand elle apprend qu’elle est atteinte d’Alzheimer. Aura-t-elle le temps de gagner les élections et de passer le flambeau à son héritière, Charlotte Damgaard ? Et si celle-ci refusait ? Car tandis qu’Elisabeth lutte pour déjouer la maladie, celle qu’elle destine à sa succession doute. Pourtant, quand Elisabeth est menacée par des djihadistes en raison de ses origines juives et qu’une ligue d’extrême-droite profite du climat de tension identitaire pour passer à l’action, Charlotte n’a d’autre choix que de faire front.
Mon avis



Un coup de coeur ! Débarrassons-nous vite du caillou dans la chaussure : j'ai trouvé le livre un peu longuet les 100 premières pages, le temps de la mise en place de l'histoire, puis le livre trouve son rythme de croisière et j'ai beaucoup aimé.

J'ai trouvé ce livre très riche. Il parvient à aborder pas mal de thèmes sans nous noyer, ni se perdre en route... Les thèmes sont abordés par petites touches, et de manière à nourrir nos réflexions. J'ai trouvé que c'était très bien amené. Et à ma grande surprise, parce que ce n'était pas gagné au début, il y a même une note de thriller à la fin qui relève vraiment l'ensemble !

Parmi les termes abordés, Alzheimer, bien sûr, comment la maladie se développe, comment la politicienne essaie de le cacher, notamment en se faisant passer pour une diva...

Mais, autre sujet qui m'a bien évidemment vraiment plu, ce livre dépeint l'évolution de la société et de la place des femmes dans cette société, et plus précisément, du rôle des femmes en politique. L'un des personnages mène notamment une lutte intérieure pour se "construire" dans un monde différent de celui dans lequel il a été élevé, où les femmes sont l'égale de leur mari, quand elles ne leur font pas de l'ombre, où les pères s'occupent autant, voire plus, des enfants, et que ce n'est pas forcément négatif. Un autre personnage (journaliste) entame un processus de "déconstruction" en se demandant en quoi il juge les femmes politiques différemment de leurs homologues masculins parce que ce sont des femmes. J'ai trouvé ça génial de montrer ça.

Enfin, dernier aspect, ce livre essaie de nous amener à comprendre ce qui se passe dans la tête de personnes qui sont différentes de nous ou ne pensent pas comme nous, et notamment les mouvements d'extrême droite. C'est une chose de juger, c'en est une autre de comprendre comment certains ont pu en arriver là. En arrière-plan, il y a aussi ce débat entre un mari juif danois et sa femme immigrée turque, on ne peut pas toujours comprendre ce que l'autre ressent si l'on n'a pas partagé son vécu, mais on doit accepter son ressenti, sans juger.

Tous ces sujets abordés par petites touches, ce qui est une bonne idée pour éviter l'indigestion, nous poussent à la réflexion et il m'arrivait de refermer le livre deux minutes pour réfléchir à ce que je venais de lire. C'est sans doute pour ça aussi que le côté thriller n'arrive vraiment qu'à la fin, car quand on a absolument envie de tourner les pages pour savoir comment l'histoire va se finir, on prête souvent moins attention au contenu du livre et il est vrai que ça aurait été dommage de passer à côté de tout ça.

En bref, un livre en faveur de l'ouverture d'esprit, féministe, ce qui ne gâche jamais rien, inattendu car la quatrième de couverture parle presque uniquement d’Alzheimer, avec un suspense qui monte graduellement, une galerie de personnages très différents et une fin vraiment émouvante. Je recommande.


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