vendredi 27 septembre 2013

Le dieu de New York - Lindsay Faye

Le livre d'aujourd'hui est d'un genre que j'aime beaucoup : le roman policier d'époque. Je ne lis pratiquement jamais de romans policiers se passant de nos jours, je préfère les regarder à la télévision : j'ai l'impression qu'ils se ressemblent tous, ils sont tirés par les cheveux, donc c'est impossible de deviner le coupable (sérieusement, vous avez déjà réussi à trouver le criminel avant Hercule Poirot ?), c'est rare qu'ils me marquent et j'oublie en général l'intrigue aussi vite que je l'ai terminée, donc c'est peu intéressant. En revanche, les romans d'époque, même écrits de nos jours, nous apprennent des choses nouvelles, donc je trouve leur lecture plus enrichissante.


L'histoire
L'intrigue se passe en 1845 à New York et raconte la première année de la création de la police new-yorkaise, le NYPD actuel. Si vous avez vu le film Gangs of New York, c'est le même lieu, la même époque et la même ambiance : un afflux constant d'émigrants irlandais, la pauvreté crasse, les magouilles, les émeutes et les querelles incessantes entre protestants et catholiques. Voilà pour le décor. Notre héros est donc un policier, Timothy, recruté bien malgré lui par son frère, homme du parti démocrate et son unique famille, après que son ancien travail a été détruit dans un incendie. Timothy est réticent, pourtant, il devient très vite un enquêteur hors pair grâce à ses talents d'observateur, et il est chargé d'enquêter en secret sur un serial killer qui s'attaque à des enfants. Il est aidé en cela par un pédiatre qui voudrait sauver tous les enfants malades, un prêtre catholique, une petite fille témoin de l'un des meurtres, le révérend Underhill et sa fille, dont il est amoureux. 

Image tirée de Gangs of New York
Mon avis
Un excellent thriller très riche de détails historiques. On voit que l'implantation de cette police à New York n'a vraiment pas été facile et qu'elle a mis du temps à s'imposer. Le dénouement de l'intrigue est très surprenant. Je pensais tenir le coupable depuis la moitié du roman : eh bien oui, mais non ! Le gros plus du roman, c'est l'argot, dont il foisonne ! A l'époque, il avait été inventé pour permettre notamment aux trafiquants de se comprendre sans être compris du reste de la population et des autorités. On trouve un lexique à la fin du livre, et c'est impressionnant de voir le nombre de termes que l'on pense modernes et qui viennent en fait de l'argot du XIXe. Chapeau à la traductrice qui a su garder cette note en adaptant le roman avec l'argot français. Je ne résiste pas à vous en mettre un extrait, c'est tellement amusant (et on s'y fait vite, ça n'est aucunement un frein à la lecture) :

- Vous voulez que je débride l'esgourde ? Ben, je m'en va vous en coller une (...). Dès potron-jaquet, on s'apprêtait à aller chercher nos babillards, quand Miss Underhill s'est radinée avec du jus de vache qu'on s'est fait le partage.
- Ainsi donc, vous alliez partir acheter vos journeaux du matin quand Miss Underhill vous a apporté du lait qu vous vous êtes partagés. Que s'est-il passé ensuite ?
(...)
- Ben alors, Miss Underhill nous a demandé de cafter si on avait loché que des mômes s'étaient fait escarper, pis qu'on leur avait charcuté le rebouis, avant de les foutre au champ de tabac. (...)
- Vous... vous leur avez demandé s'ils savaient que des enfants avaient été tués et découpés avant d'être enterrés ?
Un livre épastrouillant !

Paradie Square, dont on parle dans le livre - Image tirée de Gangs of New York
Avec ce livre, je participe au challenge XIXe siècle de Netherfield Park

Challenge XIXe siècle

5 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout mais c'est vraiment très tentant :)

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  2. Ce livre a l'air très intéressant, je ne crois pas avoir déjà expérimenté ce genre de polar. Par contre, petite remarque, tu as ouvert ce blog pour faire mourir nos étagères ? Y a déjà une bonne cinquantaine de bouquins qui m'attendent, et tu en ajoutes nonchalamment au fil de tes posts, ce n'est pas fairplay ;-)

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    1. hahahah tu as tout compris, je travaille chez ikea, au rayon étagères :)
      une cinquantaine de livres, ce n'est pas beaucoup, tu peux mieux faire :)

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  3. Je viens aussi de le lire pour le challenge XIXe siècle et comme toi, j'ai été séduite ! Par contre, j'avais trouvé les coupables ;-)

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    1. je ne veux pas spoiler, mais il y a une partie de l'énigme qui est quand meme impossible à deviner !!!

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