mardi 22 octobre 2013

Challenge Stefan Zweig de Métaphore #2 - La Confusion des sentiments et Le joueur d'échecs

Je reviens en force pour la deuxième partie de ma participation au challenge de Métaphore sur Stefan Zweig. Souvenez-vous, j'avais déjà présenté deux nouvelles. Voici les deux suivantes. J'aurai donc rempli (oh non, déjà ??) le contrat de ma catégorie, Le joueur d'échecs, soit 4 oeuvres à présenter. Sachant qu'il me reste encore 5 nouvelles à lire dans mon recueil, je vais très probablement passer à la catégorie supérieure.


La confusion des sentiments
Un jeune étudiant berlinois à la vie dissolue est envoyé par son père dans une petite université provinciale. Là, il est frappé par l'éloquence d'un professeur. Dans une complète admiration, il emménage près de chez lui, entre dans son intimité et passe de longues heures à avoir des discussions profondes avec ce professeur, ce qui ne fait que renforcer son admiration et son éloignement de tout ce qui n'est pas lui. Mais petit à petit, il remarque l'ostracisme dont est victime son professeur et il est perturbé par sa façon de traiter sa femme, de passer brutalement de conversations enflammées à des paroles blessantes, et de disparaître régulièrement sans aucune explication...

Encore un récit assez court (bien que plus long que les nouvelles précédentes), qui vous happe et vous prend aux tripes. On n'a l'explication du mystère que dans les toutes dernières pages, mais son ombre pointe au fil de l'histoire et on le devine soi-même un peu avant. Je vous laisse le plaisir de la surprise. J'ai notamment beaucoup aimé le fait que cette histoire touchante et dure était très en avance sur son temps (1927). Les personnages sont touchants, surtout le jeune étudiant enflammé et candide.

Le joueur d'échecs
Sur un bateau le menant à Buenos Aires, le narrateur apprend que se trouve aussi à bord Czentovic, le plus grand champion d'échecs de leur temps, un rustaud dépourvu de toute culture ou intelligence en dehors de sa maîtrise des échecs. Fasciné, l'auteur veut "étudier" de plus près ce champion qui ne se laisse pas approcher. Avec l'aide d'un riche écossais, il l'attire en l'engageant dans des parties d'échecs, mais les deux compères n'ont évidemment pas le niveau pour le battre. C'est alors qu'apparaît un inconnu qui les guide et les mène à faire jeu nul. Le narrateur cherche donc désormais à le comprendre, lui, cet inconnu qui prétend n'avoir pas touché un échiquier depuis 20 ans. L'homme lui raconte donc son histoire, et comment il a pu résister aux tortures nazies en jouant aux échecs dans sa tête, même s'il a failli en devenir fou.

Autre histoire où, comme pour Amok, le narrateur recueille un récit à bord d'un bateau ! Les personnages sont pleins de mystères (dommage, d'ailleurs, que le mystère du champion d'échecs n'ait pas été creusé plus). Même si je ne comprends pas grand chose au jeu, j'aime beaucoup les histoires qui le mettent en scène, on peut faire s'y produire tant de choses (Le tableau du Maître flamand de Perez-Reverte ; Le Huit de Neville). L'avantage de ce livre, c'est que le narrateur est un peu comme nous, il sait bouger les pièces, point. Du coup, il ne part pas dans de grands descriptifs incompréhensibles. Est décrite aussi à petites touches l'invasion du pays natal de l'auteur par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale, c'est donc un livre à plusieurs couches.

A noter que cette nouvelle est la dernière écrite par Zweig, juste avant son suicide, et qu'elle a été publiée à titre posthume.

J'ai envie de finir sur une citation :
Un livre ! C'était bien un livre ! comme l'éclair, la pensée jaillit dans mon cerveau : essaie de le voler ! Peut-être réussiras-tu, et alors tu pourras le cacher dans ta cellule et lire, lire, lire enfin, lire de nouveau !

1 commentaire:

  1. Ces deux nouvelles sont extraordinaires! Mes préférées à ce jour!

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