lundi 13 janvier 2014

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda

Le livre d'aujourd'hui est d'un auteur chilien et il nous emmène au milieu de la forêt amazonienne encore sauvage. Ca fait un moment que je voulais lire ce livre, parce que le titre m'intriguait beaucoup. Ma curiosité n'a pas été déçue !


L'histoire
Antonio José Bolivar s'installe avec sa femme sur les rives du Nangaritza près du village d'El Idilio. A la mort de sa femme, il apprend auprès des Shuars, les Indiens locaux, à vivre dans la jungle, puis il est chassé de la tribu et retourne vivre à El Idilio comme chasseur. C'est là qu'il découvre qu'il sait lire et se prend de passion pour les romans d'amour. Quelques années passent et un gringo ayant tué les petits d'une femelle ocelot est amené mort par des Shuars. Le maire surnommé "Limace" accuse immédiatement les indigènes, mais Antonio réussit à le convaincre qu'il a été tué une bête enragée. Il part donc avec le maire et des hommes du village chasser la femelle ocelot qui avait déjà fait plusieurs victimes. Après quelques jours de marche, le maire propose à Antonio de s'occuper de la bête seul.

Mon avis
J'ai beaucoup aimé ce roman. En très peu de pages (à peine une centaine), l'auteur arrive à proposer une histoire très riche, avec plusieurs lectures.

D'abord, c'est un roman "écologique" qui dénonce le mépris de bien des occidentaux et des gens dits "civilisés" envers la forêt et ses habitants, qu'ils soient Indiens ou animaux, et qui dénonce leur comportement destructeur : la bête n'aurait pas attaqué les hommes si on n'avait pas blessé son mâle et tué ses petits. L'évolution du personnage principal, en pleine harmonie avec la nature et ses habitants, est très émouvante. Il est évident qu'il respecte bien plus ses frères Shuars que le maire lettré et civilisé. De plus, ce maire arrogant et insupportable est l'image même de l'inadaptation, il veut que tout se plie à ses croyances et ses souhaits, et la nature le rappelle à l'ordre.

Ensuite, ce livre raconte l'histoire d'un lecteur, état peu évident dans ce monde : comme l'illustre cette phrase que j'ai beaucoup aimée :
Il passa toute la saison des pluies à ruminer sa triste condition de lecteur sans livre.
J'ai été fascinée par ce personnage incroyable, presque illettré, mais débordant de volonté de lire et de découvrir. J'ai aussi aimé l'effet "de miroir" : nous lisons une histoire sur la forêt amazonienne que nous ne connaissons pas (en tout cas, pas le commun des mortels européens) et ce vieil homme d'Amazonie lit des livres sur l'Europe qu'il ne connait pas non plus... notamment le passage où il essaie de comprendre Venise :
Mais le mystère de la ville où les gens devaient se servir de bateaux pour se déplacer demeurait inexplicable
- Peut-être qu'il pleut tout le temps.
- Ou alors que les rivières sont en crue (...)
Le Maire s'agita dans son lit : Pour votre gouverne, Venise est une ville construite sur une lagune (...).
- Ca alors ! Et les maisons flottent comme les radeaux, renchérit quelqu'un.
- Si c'est comme ça, pourquoi des bateaux ? Ils ont qu'à se servir de leurs maisons pour naviguer..."
J'ai adoré ce passage où ces gens essaient de comprendre des mots et des concepts inconnus avec leur seul bon sens. J'ai trouvé ça très émouvant !


Idée 15 : Arbre, branche ou feuille
Une étape du tour du monde

3 commentaires:

  1. J'ai adoré ce roman! Il m'a touché, émue au point d'en avoir les larmes aux yeux! :)

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  2. pareil pour moi je suis contente qu'il t'aie plu :D pour cela que je te l'ai passé aussi ! il est superbe

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  3. J'ai bien aimé ce roman, j'avais écrit un billet sur mon blog. On y trouve un état d'état d'esprit, proche de celui de Francisco Coloane, que j'aime beaucoup également.

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