lundi 17 février 2020

Le sorceleur - Andrzej Sapkowski - 1 Le dernier voeu et 2 L'épée de la providence

En 2020, plus rien ne m'arrête, je vous propose un chassé-croisé autour du monde :) avec le Witcher. En effet, notre auteur est polonais. 


La série
Même si j'avais vaguement entendu parlé de cette saga, je l'ai découverte comme beaucoup de gens avec la série Netflix que l'on a commencé à regarder un après-midi de patatage pendant les vacances, sans rien en attendre.


Verdict, même si au début on ne voit pas bien où ils veulent en venir, car les histoires ont l'air complètement décousue, j'ai tout de suite été séduite par l'univers, l'ambiance, la musique, etc. Et une fois que j'ai compris le lien entre tout, j'ai eu plaisir à revenir aux premiers épisodes pour voir les choses sous un autre angle.

J'ai trouvé l'adaptation fidèle à l'esprit des livres. Les premiers récits sont adaptés assez fidèlement, les suivants moins, mais c'est justifié, la série voulait amener dès le départ les deux personnages féminins principaux, alors que Ciri n'apparait par exemple que dans la deuxième moitié du deuxième tome (vous suivez toujours ?).

Bien sûr, ce n'est pas l'adaptation parfaite et d'autres en ont parlé mieux que moi, mais elle a rejoint mes séries "doudous" car elle permet vraiment de s'évader. Pour mémoire, il s'agit d'une adaptation des premiers livres, même s'il y a des clins d’œil et des choix d'acting entre autres que l'on peut rattacher aux jeux vidéos.

Le jeu vidéo

Admirez la transition ! Dès les premiers épisodes de la série, à regarder le personnage passer du coq à l'âne et d'une aventure à l'autre, je me suis dit "C'est vrai qu'on dirait des quêtes de jeu vidéo". J'ai donc commencé par le premier, soyons fous, et j'ai vraiment adoré. Il est très immersif, je l'ai trouvé facile à prendre en main (et pourtant je suis une quiche pour ça, je mets normalement des plombes), j'ai passé de très joyeuses heures à engueuler Gégé (comment ça, ce n'est pas sa faute si j'appuie sur les mauvaises touches) et à me balader entre deux quêtes.


Tout ce que j'aime dans un jeu vidéo : de la bagarre, mais pas en permanence, un fil pas trop dirigiste qui permet d'alterner comme on veut les quêtes d'histoires et autres au sein d'un chapitre, pleiiin de loot parfaitement inutile donc totalement indispensable :D

Si comme moi vous vous posiez la question, vous pouvez sans problème jouer et lire les bouquins en parallèle, car ce ne sont pas les mêmes intrigues, même si des noms de personnes et de lieux reviennent, ainsi que des références à certaines intrigues du bouquin : pas besoin de connaître une version pour en apprécier l'autre. Le jeu se passe bien après. D'ailleurs j'ai beaucoup aimé l'astuce du jeu : au début, Geralt est complètement amnésique, ce qui nous permet de tout découvrir sans exposition maladroite.

Ensuite, je suis passée au deuxième et, euh, moi qui étais si fière de ma prise en main rapide, ils m'ont tout changé et je n'ai pas avancé d'un pet de goule pendant un moment. Je dois dire que c'était assez frustrant, même si visuellement on sent que le jeu a nettement pris des niveaux. Une fois ce prologue passé, on retrouve le même plaisir que dans le précédent.

Les livres
Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur…

Vous vous en doutez, j'ai rapidement mis la main sur le premier tome. On retombe sur l'intrigue de la série (mais pas dans le même ordre). Il tient plutôt du recueil de nouvelles que du roman, avec à chaque chapitre une aventure différente. C'est sympa, ça change.


J'ai beaucoup aimé le style, ça se lit tout seul, avec beaucoup d'humour et de références au folklore et aux contes traditionnels européens, l'auteur réécrit notamment à sa sauce des récits comme la Petite sirène ou Blanche-Neige (pour l'instant mon histoire préférée, Le Moindre Mal, c'est celle du premier épisode de la série, même si le côté Blanche-Neige a été un peu perdu dans l'adaptation de la série). Cela contribue à faire qu'on se sente en terrain familier dans ce monde fantastique et imaginaire.

Je compte bien continuer de découvrir la saga, en continuant les jeux en parallèle, en attendant la suite de la série.

Et pour finir, je ne peux pas ne pas vous rappeler l'existence de cette, euh, vidéo, qui m'a vraiment fait beaucoup rire.

Une étape du tour du monde


lundi 30 décembre 2019

Sorcières - Mona Chollet

La dernière chronique de l'année ne sera pas une fiction mais un essai. J'en profite pour vous souhaiter de très belles fêtes de fin d'année et une très bonne année 2020 de mots !


L'histoire
Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante - puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant — puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur.
Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.
Mon avis

J'ai commencé le bouquin en me disant, "Il y a quelques siècles, à mon avis on m'aurait traitée de sorcière..." La lecture me le confirme. L'autrice fait un bilan de l'histoire de la chasse aux sorcières, des clichés dans la littérature et le cinéma aux traques de la renaissance, mais consacre une bonne partie du livre à notre culture moderne et à la place de la femme dans celle-ci.

Le livre fait ressortir certaines tendances, certains schémas, j'ai pris conscience du lien entre pas mal de phénomènes que j'avais jusque là considérés indépendamment. Je n'avais par exemple jamais fait de lien entre les chasses aux sorcières et l'essor de la médecine moderne. J'ai particulièrement été intéressée par les sujets abordés dans les chapitres centraux, sur la maternité et la vieillesse (sans rire, à la fin de ce chapitre j'avais presque envie d'avoir les cheveux blancs :) ). Mine de rien, cela m'a aussi aidé à comprendre certaines relations conflictuelles avec certains mecs de mon entourage en voyant les choses sous un autre angle, avec plus de recul, et de la raison pour laquelle un même comportement de mon alter ego masculin ne crée pas d'étincelles.

Au niveau du style, pas d'inquiétude, on ne croule pas sous l'avalanche de poncifs et de chiffres. J'ai trouvé la lecture très fluide, prenante même, tantôt drôle, tantôt révoltante selon le sujet abordé, mais toujours attrayante.

Je referme quand même ce bouquin avec une question : mais comment en est-on arrivé là, à cette oppression systématique dans autant de domaines. La poule et l'oeuf du sexisme, je suppose qu'on n'aura jamais la réponse à cette question non plus, mais plus j'y pense moins je comprends.

Ce livre est donc à mettre entre toutes les mains, car c'est en comprenant les forces et l'influence du passé que nous pourrons évoluer sereinement.


samedi 21 décembre 2019

Les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin

Livre original lu sur les conseils de ma maman.



L'histoire
L'autrice a un jour acheté une enveloppe de photos de famille sur internet. Elle a d'abord imaginé leur vie dans une nouvelle, puis a mené une enquête pour retrouver la vraie famille. Des chansons ont également été inspirées par cette histoire.

Mon avis

Difficile de résumer ce livre car il contient bel et bien deux histoires très différentes.

D'abord, la nouvelle. L'autrice imagine la vie des "Gens dans l'enveloppe" à travers le regard de la petite fille des photos, Laurence. Le style est très oral et assez haché avec des phrases très longues, j'ai eu du mal à m'y faire, mais au bout d'un moment on se prend au jeu. J'avais l'impression de lire des notes prises par l'auteur sans avoir été remises en forme ensuite. Pour être honnête j'ai eu beaucoup de mal à me retrouver dans la généalogie de cette histoire, par ailleurs très émouvante, mais le problème vient sûrement de moi.

Ensuite, l'enquête. L'autrice promet ne l'avoir commencée qu'après avoir fini la nouvelle. Elle remonte la piste des photos pour rencontrer les Gens encore en vie et découvrir leur histoire. Là un style beaucoup plus "conventionnel", d'adulte, très intime car finalement, l'autrice se dévoile sûrement autant que ses personnages. C'est sans aucun doute la partie que j'ai préférée. Les témoignages sont super intéressants (et il y a un arbre généalogique !!), et là encore beaucoup d'émotions, c'est une partie très attendrissante.

Je me suis fait la réflexion que c'est typiquement le genre de bouquin contemporain qui serait super à étudier en cours de français. Finalement, on en apprend plus sur le processus d'écriture que sur une histoire dont on doit souvent boucher les trous, on couvre pas mal de styles et de registres en peu de pages. Ca m'a beaucoup plus, ça change.

jeudi 10 octobre 2019

La zone du dehors - Alain Damasio

Ca fait un moment que plusieurs personnes me recommandent La Horde du Contrevent, du même auteur. Quand je suis allée l'acheter, je suis tombée sur ce bouquin, publié avant et dont le résumé m'a encore plus parlé, j'ai donc décidé de commencer par là.

L'histoire
2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Après la 4e guerre mondiale, une société démocratique idéale est créée près de Saturne, Cerclon I. La Volte, un groupe de révolutionnaires emmené par Captp, décide de secouer l'apathie générale en mettant en avant les problèmes de ce système passif.

Mon avis


Mon exemplaire est apparemment une réédition. Une fois n'est pas coutume, j'ai lu les postfaces, écrites par l'auteur et je les ai lues avant le bouquin (soyons fous). Je dois dire que le discours de l'auteur me parle beaucoup, le livre est arrivé à un bon moment de mes réflexions politico-philosophiques, je pense.

Dans le bouquin lui-même, le narrateur change plusieurs fois en cours de chapitre, sans indication spécifique. C'est perturbant au début, cela oblige à se concentrer pour ne pas se mélanger, puis on s'y fait, car chaque personnage a sa voix propre, ce qui est vraiment sympa.

J'ai beaucoup aimé le style, qui mélange langue très recherchée et pas mal d'argot ou d'expressions familières selon le contexte et le personnage. Mes passages préférés concernent les joutes philosophico-politiques entre le héros et le Président (attention, ce livre développe une facheuse tendance à réfléchir et commenter tout seul à haute voix). Le livre décrit aussi tous les petits moyens dont le pouvoir contrôle la population l'air de rien sous couvert de démocratie.

Je ne mets que 3 chats, parce que j'ai trouvé l'ensemble un peu long par moments, je perdais un peu le fil dans les scènes d'action. Mais le message de fond est très intéressant, le livre nous encourage à ne pas stagner et nous endormir, à ne pas toujours se contenter de ce qu'on nous sert.

vendredi 30 août 2019

Le monde des hommes - Pramoedya Ananta Toer - Buru Quartet I

Aujourd'hui, une escale du Tour du monde en Indonésie, encore avec la maison d'édition Zulma, que je vous recommande si vous cherchez des livres qui ont vu du pays ! Attention coup de coeur.



C'est le premier tome d'une tétralogie, le Buru Quartet*. L'auteur a passé une grande partie de sa vie en prison, car dissident politique. D'ailleurs, il a d'abord raconté cette histoire à ses co-détenus avant de l'écrire. Et Buru, c'est le nom du bagne dans lequel il l'a écrite. Pas banal, comme contexte d'écriture !

*Je viens de me commander les suites, je pourrai donc vous en parler dès que je les aurai lues.

L'histoire
Minke, jeune étudiant et écrivain brillant et curieux de tout, y croise le destin d’Ontosoroh, "la nyai", concubine d’un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais, idéalistes et ambitieux, tous deux rêvent d’une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. Minke tombe amoureux de sa fille, Annelies, une métisse, et s'installe chez elles. 
Mon avis

Le récit commence en 1898. Je me suis plongée dans l'histoire très vite, l'auteur nous fait souvent nous questionner sur pas mal de sujets différents.

Le style est à la fois simple à suivre et très efficace, coloré, dynamique, j'ai vraiment dévoré les chapitres. Le héros est le classique "mec tout à fait banal" (groumph), surtout au départ, mais il rencontre tellement de gens intéressants ou uniques qu'on l'oublie vite.

On découvre une société très stratifiée entre hommes et femmes, mais aussi entre blancs, métisses et indigènes, personnes éduquées ou non. Les langues aussi jouent un rôle et les personnages passent souvent de l'une à l'autre dans le récit, selon le rang de la personne à qui ils s'adressent (même si nous lisons tout en français, bien sûr). C'est intéressant de voir comment la misogynie culturelle du personnage fait qu'au début, il est vraiment incapable de croire qu'une femme puisse être très intelligente et cultivée, mais aussi de voir ses perceptions évoluer.

Le héros, un indigène (et comme je l'ai indiqué juste avant, dans ce genre de contexte, la classe sociale est super importante) est surnommé Minke, déformation de monkey, singe... Le tout en pleine époque troublée, où la décolonisation se prépare et jalonne les débats. Avec plein de beaux morceaux de paternalisme dedans.

La fin de ce premier tome est vraiment bouleversante, et j'ai hâte de lire la suite.

Une étape de mon tour du monde

mardi 20 août 2019

Sang de lune - Lincoln Child

Petit thriller "tampon" entre deux lectures plus conséquentes... On m'a dit qu'il était super, il m'est tombé sous la main... et ça faisait un moment que je voulais tester un Child & Preston. Là, on n'a que le premier auteur.


L'histoire
Pour terminer un livre, Jérémy Logan, spécialiste des phénomène étranges, se rend dans les Adirondacks où des montagnards ont découvert le corps de randonneurs mis en pièces. Si la piste d'un animal sauvage est écartée en raison de la violence de l'acte, certains murmurent que les loups-garous qui peuplent la forêt ne seraient pas étrangers à cette mort. Sur demande d'un ancien camarade de fac, il mène l'enquête.
Mon avis

C'est sympa, ça se lit vite, mais ça ne laissera pas un souvenir impérissable. Je ne suis jamais vraiment rentrée dans l'histoire (et pourtant je l'ai lu à la pleine lune, hein que j'ai fait des efforts !). Il y a quelques temps, j'ai fait un jeu de rôle dans l'univers de Chtulu et la trame des deux premiers tiers du livre était exactement la même, mais en beaucoup plus immersif, donc ça ne m'a vraiment pas aidée...

Le livre est assez court, environ 350 pages, et pourtant, je l'ai trouvé longuet : l'auteur a dilué son enquête avec une autre trame dans laquelle le protagoniste écrit un bouquin. Je pensais que ça nous mènerait quelque part, mais non, c'est juste son excuse pour être là. Ajoutez à cela un protagoniste qui se fout lui-même plus ou moins de son enquête et vous n'avez pas le thriller du siècle. Dommage, l'idée de base était intéressante. Ah oui, et la traduction m'a fait tiquer à plusieurs reprises, ce qui n'aide pas (fichue déformation professionnelle).

Quand au protagoniste, j'ai vraiment eu du mal. La narration à la troisième personne n'a pas dû aider. Un génie de plus qui est un empathe à la mémoire eidétique, écrit par une personne qui ne l'est visiblement pas... A force d'avoir autant de génies extraordinaires au kilomètre carré, ça va finir par devenir une norme. Forcément, il est suffisant et imbu de lui-même, il sait tout mieux que tout le monde (tout à fait logique pour un empathe, ma foi...) C'est dommage, avec un vrai empathe, plutôt qu'une espèce de magicien qui s'en sert sur commande, ça aurait pu être sympa.

En bref, ça se lit et l'idée de base est bonne, mais on a déjà lu mieux.

mardi 30 juillet 2019

Notre-Dame - Ken Follett

La lecture du jour n'est pas un roman, mais un court essai... Il a été écrit en deux semaines à la suite de l'incendie de Notre-Dame, dans le cadre d'une collecte de fonds.


En cinq dates, l'auteur revient sur des dates clés pour le monument. Il analyse aussi les raisons pour lesquelles nous sommes autant attirés par les cathédrales (N-D est d'ailleurs le monument le plus visité de Paris, contrairement à ce qu'on pourrait penser), indépendamment de nos convictions religieuses. Il essaie donc aussi de comprendre pourquoi autant de gens ont été aussi émus par l'incendie (moi la première, comme j'en parlais déjà dans mon précédent article).

Ca vous plaira surtout aux fans de l'auteur et/ou de la cathédrale. Ou si vous avez du mal à comprendre tout le "cirque médiatique" autour de l'incendie.

A noter que l'auteur fait beaucoup mention d'un ouvrage (Les bâtisseurs de cathédrales de Jean Gimpel, pour ne pas le nommer) qui l'a inspiré pour son travail, et ça m'a donné envie de me plonger dedans

jeudi 18 juillet 2019

Les piliers de la terre - Ken Follett, et pas que (Chassé croisé littérature, cinéma, jeux vidéo et jeux de plateau)

Dans la série des rêves à la con, j'ai rêvé l'autre jour que Ken Follett venait manger à la maison (ma foi c'est logique) et qu'il me demandait ce que j'avais pensé de la série des Piliers de la terre (tout. va. bien.). A moitié réveillée, je me suis dit, mais oui, tiens, c'est un de mes livres préférés, je me vois encore le lire alors que ça fait ... beaucoup trop longtemps !! Et je n'ai jamais pris le temps de regarder la série ! Et oh, tiens, au fait, on m'avait offert le jeu de plateau, aussi, il serait tant de le sortir de sa boîte. Et oh, mon chéri me dit que Steam fait une promo sur le jeu vidéo, c'est l'occasion de tester. Et si on se faisait une chronique multi-support ???

(C'est ça qu'ils veulent dire, avec La nuit porte conseil ?)


Là où ça devient vraiment flippant, c'est que deux jours après ce que je viens de vous raconter, la cathédrale brûlait. J'ai eu l'impression de perdre une vieille amie (elle me suit de près depuis mes 11 ans - merci les éditions jeunesse des classiques) et la seule chose qui m'a réconfortée, ce sont les tweets de Ken Follett qui tentaient de mettre des mots sur ce qui se passait et m'ont aidée à me sentir moins seule. Vraiment une période forte émotionnellement pour moi, je suis partie dans tous les sens. Surtout vu cette fixette que j'avais sur l'oeuvre de Follett une semaine avant ce drame. Certains diront que ce ne peut être une coïncidence... En tout cas, ça fait flipper.

L'histoire 
L'action se situe dans l'Angleterre du XIIème siècle et tourne autour de la construction d'une cathédrale par Philip, le prieur du village de Kingsbridge. On y croise Tom, le Bâtisseur, son fils Alfred, qu'il forme pour prendre sa suite, sa fille Martha, son beau-fils Jack, sculpteur de talent et sa femme Ellen, "sorcière", mais aussi Richard et Aliena, fils d'un comte déchu qui tentent de s'en sortir... Tous sont pris dans les machinations des puissants, monarchiques comme ecclésiastiques.

Le Livre

Je l'ai lu il y a ... plus de dix ans, mais j'ai l'impression que c'était hier. Un des bouquins que j’emmènerais sur une île déserte (avec le Seigneur des anneaux, pas folle la guêpe, je préfère les pavés). Ken Follett, c'est peut-être l'auteur que je choisirais si je ne devais lire qu'un seul auteur pour le reste de ma vie. C'est l'auteur que j'ai choisi le jour où j'ai dû passer une nuit toute seule dans une gare en attendant le premier train (et donc trop peur de fermer l'oeil, si vous suivez). Et sans beaucoup d'hésitation Les piliers de la terre, c'est son chef-d'oeuvre. Quand on aime autant que moi les fictions historiques moyen-âgeuses, difficile d'en parler impartialement. Je prévois de le relire bientôt.

Ce qui m'a marquée, ce sont les personnages, très divers, les différentes histoires qui s'entremêlent sous le regard de la cathédrale, de belles couleurs, une envie de lire le tout d'une traite sans reposer le bouquin... Ce qui reste, c'est qu'après l'avoir lu, à chaque fois qu'on entre dans un vieux monument, on ne voit plus un tas de caillou, mais toutes les personnes qui ont mis leur énergie dans sa construction, tous les événements dont il a été le témoin.

Le jeu de société

Très sympa, assez équilibré. On peut y jouer à deux et c'est vraiment sympa, mais je pense que c'est encore plus stratégique à 3 ou 4. Ca se joue en 6 manches, le temps de bâtir une cathédrale : j'ai beaucoup aimé cette manière de compter les tours. J'ai aimé le fait que les différentes options disponibles pour marquer des points de victoire permettent de varier les stratégies et de miser sur une approche différente à chaque fois, ce qui renouvelle le jeu.

Il faut recruter des artisans et accumuler des ressources pour marquer des points de victoire. Et un peu comme dans le livre, les autres joueurs vont essayer de s'accaparer les ressources avant vous, il y en a un nombre limité à chaque manche.

extrait d'une partie à deux joueurs

La série

Ahh, je me souviens, quand la série est sortie... Une très bonne amie ne tarissait pas d'éloge et moi... Oui mais je SAIS, j'adore les bouquins, l'histoire ne peut être que bien, tu devrais les lire d'ailleurs. (Diane, si tu lis ces lignes, il faut qu'on se voit, je crois que tu as toujours quelques bouquins à moi :) ). Et pourtant je n'ai pas sauté sur l'occasion pour regarder la série à l'époque, comme d'habitude, d'ailleurs, je préfère toujours attendre que les effets de mode se tassent. 6 ans plus tard, les étoiles s'alignent et me voici.

Verdict, je ne suis pas déçue, j'aime beaucoup les couleurs, les acteurs sont très bien choisis, forcément, l'histoire est bien aussi... On se prend très vite dans l'histoire, qui est très bien rythmée.

Le jeu vidéo

Après des années de résistance et quatre ans à partager la vie d'un geek, j'ai craqué et acheté mon premier jeu vidéo (et on ne m'arrête plus maintenant). Ce n'est pas un hasard si c'était celui-ci...

Très sympa. J'ai lambiné parce que je voulais faire durer le plaisir. Selon mes souvenirs (j'ai lu le bouquin il y a 10 ans) on suit l'intrigue du livre, même si elle a été très épurée et adoucie. On fait jouer tour à tour Philip, Tom, Aliena et Jack. Je n'ai eu aucun mal à me plonger dans l'aventure, j'adore la musique. Jolis graphismes, plein de quêtes à accomplir, des choix lors de conversations pour aiguiller le déroulement dans un sens ou dans l'autre. Petit bémol, j'ai trouvé certains passages trop passifs sur la troisième partie, car il y a beaucoup de cinématiques, on a plutôt l'impression de regarder un film que de jouer.

Selon le personnage, il faut récupérer des objets, parler à certaines personnes pour obtenir des informations...

Petit plus, j'ai lu dans le générique que Ken Follett fait une voix dans le jeu en VO.


Mais FRANCHEMENT, spoiler alert, me faire brûler la cathédrale 2 jours après Notre-Dame (ça ne s'invente pas), c'était dur quand même.

Blague à part, j'ai une ludothèque assez conséquente, donc si ça vous intéresse, ça pourrait être sympa que je présente des jeux de société que j'aime bien de temps en temps. N'hésitez pas à me donner votre avis.


mercredi 17 juillet 2019

Le retour des Hauts de Hurlevent - Emily Brontë

Non, je vous rassure, ils n'ont pas sorti la suite. Mais je voulais revenir sur une chronique que j'ai faite il y a six ans sur ce livre... Pas très élogieuse, n'est-ce pas?


Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (ça veut dire que j'ai veilli...).
Je suis tombée sur YouTube sur une adaptation une après-midi d'ennui... Et après quelques minutes de fronçage de sourcils le temps de comprendre qui était qui... J'ai adoré. Je pense que j'ai enfin la maturité nécessaire pour comprendre les personnages et leurs réactions, j'ai trouvé que les acteurs étaient parfaits chacun dans leur rôle, j'ai aimé l'atmosphère...


Fatalement, vous me voyez venir, il me fallait relire le livre, vu que je l'avais apparemment pris du mauvais pied la première fois. Je l'avais malheureusement donné un jour de tri (comprendre, un jour où j'ai viré 3 livres de ma bibliothèque pour me donner bonne conscience avant un déménagement), comme quoi...

L'histoire
Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu'opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour : Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. 
Mon avis

Vous l'avez compris, cette fois mon impression est très différente. Je me suis beaucoup plus vite plongée dans l'histoire, même si je me suis rappelé pourquoi j'avais pu décrocher très vite la première fois :

J'aimerais pas faire leur arbre généalogique
L'histoire est toujours aussi sombre, les personnages méritent toujours autant leur paire de claques, mais j'ai maintenant la maturité nécessaire pour comprendre pourquoi ils agissent comme ça. Entre celui qui se fait humilier car étranger, le fils en mal d'amour paternel, les nanas qui franchement ont l'air de s'ennuyer ferme toute la journée... Autre truc vraiment sympa : c'est un livre dans lequel les livres sont vachement importants, et ça... on aime !

Moment très intéressant : au milieu du livre, après un chapitre que j'avais trouvé particulièrement émouvant, le chapitre suivant commence par nous apprendre que madame accouche après sept mois de grossesse. QUE-QUOI ? Alors me rappelant de l'adaptation, je savais que ca devait arriver, mais j'étais bien sûre de ne pas l'avoir lu... J'ai donc fait des recherches sur le sujet, me demandant ce que j'avais raté. Je suis tombée sur ce très intéressant papier (en anglais) qui traite de la grossesse dans les romans victoriens, en prenant notamment l'exemple de Wuthering Heights. Je ne m'étais jamais posé la question jusqu'à présent, mais c'est vrai que les filles naissaient dans les roses, alors on ne parlait jamais de la grossesse ouvertement ! Sauf, comme ici (je vous résume rapidement l'article), quand la fille s'est mal conduite, auquel cas on le sous-entend. C'est là que j'ai mieux compris l'un des chapitres précédents... à la première lecture, la réaction du mari m'avait vraiment étonnée car je pensais qu'il parlait de la maladie de sa femme et en faisait des caisses. Mais en fait non (et donc si vous suivez, le mec vit sous le même toit que sa femme mais il lui faut bien 5 mois pour voir qu'elle est enceinte. Pas très crédible comme procédé d'écriture). Les infos sont subtiles, mais elles sont bien là ! Encore un aspect du livre qui me passait largement au dessus de la tête à 18-20 ans mais auquel je suis bien plus sensible maintenant.

Toute cette expérience me conforte dans l'idée qu'on nous fait lire les classiques vraiment trop tôt. Ca en dégoûte plus d'un des classiques, si ce n'est de la lecture... Alors que ce sont de belles histoires qui peuvent toujours nous parler aujourd'hui.

En bref : ne jamais dire fontaine. Une belle histoire avec des personnages excessifs, un paysage qui fait quasiment office de personnage tellement il est présent et des monologues super émouvants (en particulier ceux de Catherine Senior qui m'ont franchement tiré la larme à l'oeil).

L'adaptation

Comme je l'ai déjà dit, le film (en deux parties) m'avait beaucoup plus, je l'avais trouvé très bien joué, émouvant, une esthétique qui m'a beaucoup plus, etc.

Qui dit adaptation dit différence, là ce n'est plus Nelly, la femme de charge, qui raconte l'histoire à un étranger, on la voit plutôt du point de vue des deux amoureux, ce qui manquait forcément dans le bouquin. Du coup ce n'est pas mal de lire le livre et voir l'adaptation, comme ça on a deux sons de cloche, deux visions d'une même histoire.

Si l'on reprend le point de la grossesse dont j'ai déjà parlé, et le "coucheront-ils, coucheront-ils pas" du bouquin, là, le film prend forcément parti, ce qui s'explique par la différence de support, le cinéma montre plus, mais aussi par l'époque. Dans les années 2010, ça ne choque pas qu'une femme soit enceinte et l'adultère est moins scandaleux aussi.

Petit truc qu'on perd un peu par rapport au livre, je trouve (mais de ce que je vois c'est le cas de toutes les adaptations), c'est que Heathcliff me parait bien moins racisé que dans le livre. On nous rappelle souvent qu'il est bohémien, mais c'est tout. Pourtant, ça me parait être un facteur important pour pas mal de personnages, il ne se contente pas de jouer les coucous.

En bref, je vous le recommande si vous voulez découvrir l'histoire sans vous faire un noeud au cerveau avec qui est qui (quoi que :) )


lundi 17 juin 2019

Le club Vesuvius - Mark Gatiss

Je suis tombée sur ce livre au détour d'une librairie... Mark Gatiss ? Un homonyme ? Non, c'est bien le scénariste (entre autres). Comme j'aime beaucoup ce qu'il a fait pour la télé, je me suis laissée tenter (en plus, la couverture est super belle). Lecture idéale pour ce mois anglais.




L'histoire
Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon... et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté, mène l'enquête, entre Londres et Naples, sur la mort de 2 géologues et d'un autre agent secret.

Mon avis

Un roman sympa, même si je ne pense pas que ça me marquera à vie... Ambiance steampunk, comprendre débuts de la révolution industrielle, avec des vrais morceaux de dandy dedans, et c'est très sympa. Ca m'a pas mal fait penser à la série Oscar Wilde de Guy Brandreth pour l'humour, même si ce livre-ci est sorti avant.

Quelques belles trouvailles, par exemple, la demoiselle en détresse est un homme, c'est reposant, mais dans l'ensemble, je voyais un peu trop les rebondissements venir, ça frustre un peu. En bref, une lecture détente et sans prétention, on passe un bon moment.


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