mercredi 17 juillet 2019

Le retour des Hauts de Hurlevent - Emily Brontë

Non, je vous rassure, ils n'ont pas sorti la suite. Mais je voulais revenir sur une chronique que j'ai faite il y a six ans sur ce livre... Pas très élogieuse, n'est-ce pas?


Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (ça veut dire que j'ai veilli...).
Je suis tombée sur YouTube sur une adaptation une après-midi d'ennui... Et après quelques minutes de fronçage de sourcils le temps de comprendre qui était qui... J'ai adoré. Je pense que j'ai enfin la maturité nécessaire pour comprendre les personnages et leurs réactions, j'ai trouvé que les acteurs étaient parfaits chacun dans leur rôle, j'ai aimé l'atmosphère...


Fatalement, vous me voyez venir, il me fallait relire le livre, vu que je l'avais apparemment pris du mauvais pied la première fois. Je l'avais malheureusement donné un jour de tri (comprendre, un jour où j'ai viré 3 livres de ma bibliothèque pour me donner bonne conscience avant un déménagement), comme quoi...

L'histoire
Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu'opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour : Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. 
Mon avis

Vous l'avez compris, cette fois mon impression est très différente. Je me suis beaucoup plus vite plongée dans l'histoire, même si je me suis rappelé pourquoi j'avais pu décrocher très vite la première fois :

J'aimerais pas faire leur arbre généalogique
L'histoire est toujours aussi sombre, les personnages méritent toujours autant leur paire de claques, mais j'ai maintenant la maturité nécessaire pour comprendre pourquoi ils agissent comme ça. Entre celui qui se fait humilier car étranger, le fils en mal d'amour paternel, les nanas qui franchement ont l'air de s'ennuyer ferme toute la journée... Autre truc vraiment sympa : c'est un livre dans lequel les livres sont vachement importants, et ça... on aime !

Moment très intéressant : au milieu du livre, après un chapitre que j'avais trouvé particulièrement émouvant, le chapitre suivant commence par nous apprendre que madame accouche après sept mois de grossesse. QUE-QUOI ? Alors me rappelant de l'adaptation, je savais que ca devait arriver, mais j'étais bien sûre de ne pas l'avoir lu... J'ai donc fait des recherches sur le sujet, me demandant ce que j'avais raté. Je suis tombée sur ce très intéressant papier (en anglais) qui traite de la grossesse dans les romans victoriens, en prenant notamment l'exemple de Wuthering Heights. Je ne m'étais jamais posé la question jusqu'à présent, mais c'est vrai que les filles naissaient dans les roses, alors on ne parlait jamais de la grossesse ouvertement ! Sauf, comme ici (je vous résume rapidement l'article), quand la fille s'est mal conduite, auquel cas on le sous-entend. C'est là que j'ai mieux compris l'un des chapitres précédents... à la première lecture, la réaction du mari m'avait vraiment étonnée car je pensais qu'il parlait de la maladie de sa femme et en faisait des caisses. Mais en fait non (et donc si vous suivez, le mec vit sous le même toit que sa femme mais il lui faut bien 5 mois pour voir qu'elle est enceinte. Pas très crédible comme procédé d'écriture). Les infos sont subtiles, mais elles sont bien là ! Encore un aspect du livre qui me passait largement au dessus de la tête à 18-20 ans mais auquel je suis bien plus sensible maintenant.

Toute cette expérience me conforte dans l'idée qu'on nous fait lire les classiques vraiment trop tôt. Ca en dégoûte plus d'un des classiques, si ce n'est de la lecture... Alors que ce sont de belles histoires qui peuvent toujours nous parler aujourd'hui.

En bref : ne jamais dire fontaine. Une belle histoire avec des personnages excessifs, un paysage qui fait quasiment office de personnage tellement il est présent et des monologues super émouvants (en particulier ceux de Catherine Senior qui m'ont franchement tiré la larme à l'oeil).

L'adaptation

Comme je l'ai déjà dit, le film (en deux parties) m'avait beaucoup plus, je l'avais trouvé très bien joué, émouvant, une esthétique qui m'a beaucoup plus, etc.

Qui dit adaptation dit différence, là ce n'est plus Nelly, la femme de charge, qui raconte l'histoire à un étranger, on la voit plutôt du point de vue des deux amoureux, ce qui manquait forcément dans le bouquin. Du coup ce n'est pas mal de lire le livre et voir l'adaptation, comme ça on a deux sons de cloche, deux visions d'une même histoire.

Si l'on reprend le point de la grossesse dont j'ai déjà parlé, et le "coucheront-ils, coucheront-ils pas" du bouquin, là, le film prend forcément parti, ce qui s'explique par la différence de support, le cinéma montre plus, mais aussi par l'époque. Dans les années 2010, ça ne choque pas qu'une femme soit enceinte et l'adultère est moins scandaleux aussi.

Petit truc qu'on perd un peu par rapport au livre, je trouve (mais de ce que je vois c'est le cas de toutes les adaptations), c'est que Heathcliff me parait bien moins racisé que dans le livre. On nous rappelle souvent qu'il est bohémien, mais c'est tout. Pourtant, ça me parait être un facteur important pour pas mal de personnages, il ne se contente pas de jouer les coucous.

En bref, je vous le recommande si vous voulez découvrir l'histoire sans vous faire un noeud au cerveau avec qui est qui (quoi que :) )


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