jeudi 21 janvier 2021

La formule de Dieu - J.R. dos Santos

Alors... j'ai pioché ce bouquin dans ma PAL, car je cherchais un truc plus léger après Le prince des marées. C'est le bon côté d'une PAL riche, me suis-je dit sur le moment, on a un livre pour chaque occasion (mais une seule paire de chaussures, il faut choisir...)

L'histoire

Printemps 1951, deux espions de la CIA épient une rencontre de la plus haute importance entre David Ben Gourion, « premier » Premier Ministre de l'État d'Israël, et Albert Einstein. L'objet de leur discussion : l'obtention de l'arme nucléaire par le jeune état juif et l'existence de Dieu.

Cinquante ans plus tard, Tomas Noronha, expert en cryptologie, est appelé au Caire par une mystérieuse jeune femme. Sa mission : déchiffrer un cryptogramme caché dans un document détenu par le gouvernement de Téhéran. Un manuscrit écrit de la main d'Albert Einstein dont le contenu pourrait bousculer l'ordre mondial. Tomas Noronha devient alors un agent double censé collaborer avec les Iraniens pour informer l'Occident. Mais au cours de son enquête, il découvre que le fameux manuscrit contient beaucoup plus de choses que ne l'espéraient ses différents commanditaires. Il serait tout simplement la preuve scientifique de l'existence de Dieu.

Mon avis

Ben oui, que voulez-vous, j'ai passé mon temps à insulter le protagoniste


Alors... pour le côté livre intercalaire qui se lit vite fait entre deux bouquins plus "intenses", le contrat est rempli. Mais. Nous revoilà avec un protagoniste de type crétin naïf comme un lapin de 3 semaines dont on voit venir les emmerdes à 10 km. Il ne sait rien, ne comprend rien, il m'éneeeeeeerve. Je n'arrêtais pas de penser à notre ficus du Livre des rois, qui avait placé la barre très haut en termes de personnages écrits avec les coudes, mais ce dernier avait au moins l'excuse de la jeunesse.

Et que je t'hypersexualise le love interest qui avait l'air bien plus intéressante, coucou le syndrome Trinity, alors que lui, on sait à peine à quoi il ressemble, et que je suis prompt à pardonner un père absent, TU M'ÉTONNES, il est censé avoir un gosse à qui il ne pense pas de tout le bouquin (alors qu'il frôle la mort), il aurait eu un hamster ou un acarien de compagnie c'était PAREIL niveau enjeu.

Une jolie femme m'accoste dans la rue ? C’est forcément mon charme inconditionnel, elle est folle de moi. (Maintenant que j'y repense, une femme dans la même situation se serait barrée en courant et aurait appelé les flics, pouf pas d'intrigue, ça a du bon finalement). Et dès qu’une femme le regarde, elle tombe forcément sous son charme sans arrière-pensée. Messieurs, à votre place, je me vexerais. D'un autre côté... il faut avoir lu ça pour vraiment apprécier un beau personnage ou une belle histoire d'amour bien écrits, alors... merci ?

Allez, lui aussi a le droit à son Ficus d'or.


Puisque je perdrais foi en l'humanité si je ne pouvais pas dire un truc bien minimum sur un bouquin, le positif. Il y a beaucoup de passages qui traitent de physique, c'est dur à suivre pour moi (mais on s'accroche, à part quand on nous explique ce qu'est une anagramme, mais pas l'entropie) car je suis une bille, mais ça m'a donné envie de creuser la question, donc tout n'est pas perdu. Au début, je me disais que les personnages étalent beaucoup leur science, que ça plombe le récit, mais finalement c'est le seul truc intéressant du bouquin, la partie romancée est très mal écrite donc on ne perd rien, donc on garde. 

Car oui, la partie romancée est importante dans ce genre de format, sinon autant regarder une conférence ou lire un livre de vulgarisation, et là, c'est bourré d'incohérences.

On amorce l'intrigue avec un manuscrit écrit en allemand par Einstein et le recrutement de cretinus premier, cryptologue, mais aussi historien, portugais. QUI IL NE CONNAIT PAS L’HISTOIRE DE SON PROPRE PAYS, B*****. Pas du tout approfondi, nous l'avons déjà dit, recruté pour déchiffrer un truc absolument pas écrit en allemand, alors qu’en fait si. Qui se la pète en disant qu'il a quand même des bases en allemand alors qu'il n'a même pas fait un cours de sixième.

La relation amoureuse, on n'y croit pas une seconde, c'est un fantasme masculin débile. Je crois que les mots "Mais quel ramassis de connerie" ont fusé au moment de l'apothéose sur fond de violons, pas sûre que c'était l'intention de l'auteur.

Et maintenant, un petit quizz, pour voir si vous aussi, vous êtes un petit génie. On vous explique qu'un personnage détient la clé de tout. Vous :

A. Allez le voir
B. Restez dans votre coin à chouiner pendant plusieurs chapitres pour mettre en place un compte à rebours débile censé apporter du piment à l'intrigue.

Il fallait répondre B, bien sûr...

Son père fume comme un pompier et meurt du cancer du poumon ? Il ne fait pas le lien et engueule le médecin qui le lui explique, tellement c’est un gros c******. J'aurais pu continuer des heures tellement c'est une catastrophe.

Pour résumer... dommage que des idées si intéressantes et ces tentatives de vulgarisation passionnantes soient reliées par une narration aussi pauvre, peu inspirée et cousue de fil blanc. Autant lire un ouvrage technique en ce cas. 

Et la fin… ne répond pas vraiment à la question du bouquin qui s'intéresse à dieu en tant qu’entité créatrice à l'origine du big bang et nous laisse avec une réponse digne de la poule et l’œuf. Moi je vous laisse, je vais aller me faire une omelette.

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